De l’impact d’une idée

Imaginez-vous rédigeant un texte sur une idée, brillante, qui vous a interpellé. Vous avez mûrement réfléchi à vos mots, à vos tournures de phrases. Vous avez considéré les faiblesses et les atouts de votre idée et l’avez jugée suffisante. Vous prenez alors le temps de la coucher sur le papier et, quelque soit votre connaissance en écriture, la soumettez à un éventuel public pour qu’il prenne connaissance de votre idée.

Et là, surprise !, les réactions sont très tranchées. Vous avez d’un côté des gens encensant votre article et de l’autre des réactionnaires le fustigeant. Quelle soit l’idée, elle parlera à certaines personnes et pas d’autres. Pour peu qu’il soit un peu hors-norme et demande quelque réflexion pour être comprise, de nombreuses voix s’éleveront contre elle.

C’est que ces personnes, loin d’être d’étranges créatures, n’ont jamais pris le temps de réfléchir au problème ou cherché à trouver des solutions si bien que la base entière de votre réflexion leur est étrangère, alien, et qu’ils n’ont donc aucun moyen de juger sa validité. C’est dans cette frange non-conquise de la population que se révèlent les charactères des gens, et leur système de valeur.

Il y a la grande personne refusant tout en bloc: si je ne comprends pas, cela doit être faux ! Elle se base pour cela sur les indices dont elle dispose, jugeant l’auteur sur son sexe, son apparence, ses qualifications, ses tendances politiques ou autre, et sur son intérêt propre dans l’affaire. La grande personne soutiendra une idée qu’elle ne comprend pas si elle y voir un avantage, mais refusera tout ce qui ne la concernera pas. Celle-là va régulièrement donner son avis, s’il lui semble que la cause est trop injuste pour elle ou son groupe.

Il y la prudente personne qui, sans réfuter l’idée, va la tester de ces quelques connaissances et puis attendre pour en savoir plus. Celle-là va rarement répondre, puisqu’elle n’a pas d’avis.

Et il y a la personne qui s’en fiche. Elle a peut-être lu l’article en entier. Ou non. Peu importe. Elle ne commentera pas, et s’en ira en silence.

 

C’est sans doute pour cela que les commentaires sont si souvent polarisés. Il faut un certain investissement dans une idée pour prendre le temps de commenter, et ce sont donc les personnes en désaccord, et qui n’ont pas compris l’idée, qui estiment devoir rectifier la situation afin de rétablir une juste balance qui soit en leur faveur qui vont commenter. C’est cette légère marche que doivent franchir les gens peu intéressés ou sans opinion qui les rend si invisibles face à un population, peut-être bien plus minoritaire, très vocale et parfois aggressive.

Il semble un peu paradoxal de devoir, dans ces circonstances, chasser la part des lecteurs ignorants tout du sujet, mais faisant éventuellement preuve d’irrespect, pour ne garder que la part des lecteurs informés. Cela crée-t-il une barrière à l’entrée pour les nouveaux intéressés par une idée ?

 

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